Archives de Catégorie: Vu en cours

Thank Your For Speaking…

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Pour ce dixième et dernier billet, j’ai décidé de vous parler d’un film dont nous avons déjà discuté en cours et que j’ai visionné il y a peu. Il s’agit du célèbre Thank You For Smocking, réalisé par Jason Reitman et sorti en 2006. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il donne un aperçu humoristique et édulcoré de la vie d’un « lobbyiste », ou, autrement dit, d’un communicant chargé de défendre une cause controversée et impopulaire : l’industrie du tabac aux États-Unis.

autocollant-panneau-interdit-fumerLa cigarette, que l’on voyait autrefois partout à la télévision, dans les publicités, les lieux publics… s’est vue diabolisée il y a quelques années lorsque les « scientifiques » se sont rendus compte de sa toxicité pour l’organisme. Aujourd’hui encore, il subsiste une certaine division entre le clan des non-fumeurs et celui des fumeurs, dont l’effectif n’a pas réellement diminué malgré tous les efforts entrepris dans ce but. Je l’ai déjà évoqué dans mon article sur le « Shockvertising » mais placer des images choquantes sur les paquets de cigarettes afin de dissuader les fumeurs ne semblent pas avoir été d’une grande efficacité. Toute la prévention réalisée autour du tabagisme passif, ainsi que les interdictions de plus en plus nombreuses (qui restent pourtant maigres en Europe, en comparaison avec celles du continent Nord-Américain), si elles sont plus contraignantes, n’empêchent toujours rien. Et le film Thank You For Smocking ne se veut pas aussi moralisateur qu’on voudrait le croire.

thank-you-for-smoking_01-300x300S’il ne glorifie pas pour autant le fait de fumer, il place le tabac au même niveau que l’alcool et les armes à feu. Comme le dit si bien Nick Naylor, bien que le tabac tue des centaines de personnes par jour, la cause principale de mortalité dans l’état du Vermont reste le cholestérol. Si les effets nocifs de la cigarette ont été prouvés, le changement de mentalité, l’addiction et parfois l’effet de mode qui perpétuent sa consommation ne peuvent se modifier que très lentement tant cette pratique s’est ancrée dans nos vies de tous les jours. On entend parfois dire que la cigarette est un vecteur de socialisation, tout comme l’alcool peut l’être, mais il ne faut pas oublier que tout produit, s’il est consommé avec excès, a beaucoup plus de chance de créer des problèmes que si son « absorption » reste anecdotique. Comme le montre le film, il ne s’agit donc pas de moraliser ou même de « traumatiser » les fumeurs afin qu’ils arrêtent de fumer ou les non-fumeurs pour éviter qu’ils ne commencent, il faut plutôt informer justement la population pour qu’elle prenne conscience des risques qu’elle encoure et qu’elle choisisse en fonction de ces considérations.

4Thank Your For Smocking, malgré son titre, n’est donc pas un long métrage dont la problématique porte uniquement sur l’industrie du tabac et toutes les polémiques qui en découlent, mais c’est également une « critique » de la communication et de la manipulation des masses par les « grands de ce monde ». Si une image vaut mille mots, la parole reste un instrument de pouvoir redoutable. Et comme nous pouvons le voir à la toute fin du film, si Nick Naylor ne travaille plus pour « Big Tobacco », il trouve toujours une autre « cause perdue » à défendre. Sans oublier que, selon lui, lorsque l’on dispose des bons arguments et qu’on a la capacité communicative nécessaire, on ne peut jamais avoir tort (même si c’est le cas).

Thank You For Smocking recèle donc en lui un trésor de « littératie médiatique » et nous montre à quel point il est facile de faire passer un message, quel que soit son sujet et son degré de vérité et de moralité… Enfin, pour conclure le film, Nick Naylor affirme que « Mickael Jordan joue au basket, Charles Manson tue des gens, je parle… Chacun a un talent » et met ainsi sur le même pied d’égalité le fait d’être un tueur en série et un bon communicant, de quoi se poser de sérieuses questions quant aux conséquences d’une telle conception dans le monde de la communication et de ceux qui l’utilisent à leur profit.

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Facebook : Simulacres et Simulation des Relations Humaines

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Pour cet avant-dernier billet, j’ai décidé d’aborder un sujet dont nous avons beaucoup discuté en classe et qui fait aujourd’hui partie de notre quotidien…

Même si un petit village d’irréductibles gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur, le virus Facebook a contaminé, en dix ans, 1.23 milliards de porteurs sains. Le réseau social le plus populaire et lucratif de notre planète recèle à présent un trésor de comportements à observer, fruit d’une modification profonde de notre conception de l’amitié et des rapports interindividuels.

facebook-downDe nos jours, Facebook est devenu le moyen de communication par excellence et notre ultime système de référence (« Je l’ai vu/lu sur FB »). Malgré ces nombreux avantages (qui ne le sont pas forcément si on les regarde de plus près), il a engendré en nous une fainéantise croissante en termes de relations humaines… On l’oublie trop souvent mais construire et entretenir une relation avec autrui demande de l’énergie, que nous sommes de moins en moins enclins à consacrer.

Petit à petit, Facebook s’est révélé être le royaume de l’apparence et de la simulation. Grâce à lui, nous avons l’impression de rester en contact sans jamais rien se dire. Nous avons l’impression de se connaître sans jamais s’être rencontrés. Nous avons l’impression de n’être jamais seul sans être entourés… Il devient alors facile de se construire son propre monde, son hyper-réel où tout semble idéal et qui l’est en effet puisque rien n’est véritable.

eed26587cc75ac71092fb50c1a9173b5Il est possible alors de se faire passer pour ce que nous ne sommes pas. De se cacher derrière l’anonymat et d’échapper ainsi aux conséquences de nos actes. De délaisser nos proches sous couvert d’une amitié virtuelle et vide de sens. Tout semble facile et tout se délite. L’indifférence se déguise derrière les faux semblants et les quelques mots sporadiques jetés à l’occasion sur le clavier. Incapables de se souvenir d’une date d’anniversaire, le calendrier Facebook nous permet de paraître attentifs et concernés. Les bonnes comme les mauvaises nouvelles s’affichent sans pitié et sans filtre sur l’écran du moniteur impassible et insensible.

Et dans un monde où tout change si vite, à l’exception des mentalités, que deviendrons-nous dans quelques années, quand afficher ses propres opinions et défendre son avis devient plus tabou que la sexualité ? Et quelle conception travestie, virtualisée et aseptisée nos enfants auront-ils de l’amitié et de la proximité humaine qui constituaient autrefois notre richesse la plus inestimable ?


A l’ère de la médiatisation.

Vous le savez, étudiante depuis plusieurs années en communication, je voue un intérêt tout particulier pour les médias dans leur ensemble et ce n’est pas la première fois que je me penche sur ce phénomène où la France n’est pas en reste : la médiatisation.

Terme bien que désormais passé dans le langage courant, son emploi n’est pourtant pas aisée. Au fond, que pouvons nous entendre par médiatisation ? Mise en scène de l’actualité pour émouvoir le spectateur ? Recherche de l’immédiat par les journalistes et les organes d’information en continue au détriment d’une véritable construction intellectuelle et encore plus au détriment de la médiation ? Comment la France qui se croyait à l’abri en est-elle arrivée là ?

Il faut noter que ce phénomène de médiatisation touche de manière inégale les différents supports. Il semble que cela touche en premier lieu la télévision avec les chaînes d’informations en continue qui vont vous bombarder d’informations à longueur de journée, avec un ton haletant, des titres qui se veulent percutants et une hiérarchisation des évènements qui laissent à désirer, et surtout un traitement de l’information uniquement en surface. Malheureusement, les chaines d’informations en continue ne sont pas les seules victimes de ce phénomènes, les journaux télévisés en général tirent de plus en plus vers ce procédé également. Certains s’entendent pour dire que les radios grand public font également partie des « victimes », de même que la presse écrite nationale.

Cette médiatisation qui semblait toucher uniquement les États Unis au premier abord a bien fini par toucher la France. Malgré l’équipement tardif de la population en télévision et un éloignement de la doctrine « la presse comme quatrième pouvoir » qui a fait surface au cours des années 70 sur le continent américain, nous aurions pu nous croire à l’abri. Il n’en est rien, nos médias français ont fini par adopter, bon gré mal gré, la standardisation de l’information ; partant tous à la quête d’un objectif commun : le profit, que cela soit par la vente ou par l’audience.

Sans diaboliser les médias et plus spécifiquement les médias français, il semble qu’une interrogation soit nécessaire quant à cette médiatisation en croissance. Quel crédit donner à l’information qui nous est transmise ? Quel(s) moyen(s) se donner pour essayer de passer au dessus du virus médiatisation ?

Un peu de littératie médiatique, peut être…


Adaptons-le !

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Une adaptation cinématographique est un film basé sur une œuvre existante tel qu’un livre, un jeu vidéo, une série télévisée, ou encore un dessin animé. En critique littéraire et artistique, l’adaptation est « l’ensemble de modifications apportées à une œuvre que l’on souhaite exprimer dans une autre forme que sa forme originale » (Etudier.com)

Une adaptation cinématographique est donc un procédé consistant à mettre en images (ou en récit) un roman, ou tout autre médium jugé prometteur. Qu’il soit choisi en fonction de son succès, de sa qualité romanesque, esthétique ou de son potentiel graphique, il passe d’une forme médiatique à une autre afin de toucher un plus large public. Une telle adaptation peut être également réalisée dans le seul but d’exploiter un filon intéressant ou tout simplement « lucratif ».

Pour illustrer cette théorie, nous pouvons reprendre l’exemple de Bilbo Le Hobbit déjà cité dans un précédent article. Après avoir adapté les trois tomes du Seigneur des Anneaux et profité de leurs retombées extraordinaires, le roman pour enfant a lui aussi subi une transformation médiatique, et d’ailleurs, l’une des plus improbables qui soient. Sans me répéter, je vous laisserai relire la conclusion du billet en question car je souhaiterais vous parler d’autres exemples similaires. En effet, de nombreux autres ouvrages à succès ont été choisis pour être adaptés au cinéma.

Les best-sellers Harry Potter, qui ont fait aimer la lecture à la quasi-totalité d’une génération, ont été métamorphosés en blockbusters quelques années après leur sortie. Si les adaptations de ce genre ne sont pas « mauvaises », il est tout de même impossible de retranscrire à l’écran tout l’univers et les subtilités du récit. Il paraît normal qu’un opus de prés d’un millier de pages, contenant des millions de détails, ne puisse être transmuté parfaitement de par les contraintes financières, temporelles et humaines propres au cinéma.

Le travail d’adaptation en lui-même est d’ailleurs long et fastidieux et n’est que compromis et raccourcis effectués dans l’histoire. S’il est parfois réalisé en collaboration avec l’auteur de l’œuvre initiale, il n’est pas évident de le convertir en œuvre cinématographique. En ce qui concerne les romans, il est souvent nécessaire de supprimer des pans entiers du récit, de mettre de côté certains personnages s’ils sont trop nombreux ou jugés peu intéressants… Comme le disait Franck Capra, il s’agit, quoi qu’il arrive, de « tout sacrifier au rythme ».

L’acte de lire est bien différent de celui de regarder un film : les modes de consommation sont loin d’être identiques, les attentes divergent et les conditions psychologiques de réception sont aussi dissemblables. De plus, une bonne adaptation doit suffisamment s’éloigner de l’œuvre originale pour ne pas créer de répétition pure et dure mais elle ne doit pas trop s’en distinguer de peur de lui être totalement étrangère. Quoi qu’il arrive, la réalisation d’une adaptation cinématographique n’est pas à l’abri des déceptions ou désappointements qui peuvent en découler.

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Mon expérience la plus récente en la matière concerne le livre Dôme de Stephen King et la série Under The Dome, censée reprendre son histoire. Si la série est très bien réalisée, je suis réellement tombée des nues lorsque j’ai commencé le livre et que je me suis rendue compte que l’un des personnages principaux de la série tv se faisait, en réalité, « zigouillé » dans les premières pages de l’ouvrage. On voit donc bien que l’adaptation peut être plus ou moins fidèle à l’œuvre dont elle est, au départ, tirée.

Il existe d’ailleurs plusieurs types d’adaptation : on peut noter l’existence de plusieurs appellations telles que « tiré d’une histoire vraie », « d’après l’œuvre de… », « inspiré de…. ». Mais aucune d’entre elles, quelle que soit la façon dont elle est modifiée, ne peut échapper au risque de déformation ou de variation majeure de son contenu originel. C’est pourquoi il existe des droits d’auteurs spécifiques proscrivant ce genre de pratique afin d’éviter tout type de problèmes susceptibles d’être engendrés par le passage d’un médium à un autre.

Bien que les intentions puissent être louables si elles permettent l’accessibilité d’une oeuvre sous une autre de ses formes, le résultat n’est pas toujours à la hauteur… Il ne faut pourtant pas généraliser car on se rend bien compte que cette considération est loin d’être universelle lorsqu’on prend comme exemple la série Game of Thrones, qui reprend brillamment les différents tomes du livre du même nom…


Apple, ou quand l’objet devient mythe.

Nous avons évoqué il y a de cela quelques semaines en cours la notion de réification dans les sociétés industrialisées. Ce thème repose sur l’idée de prendre un objet et de l’élever au niveau de mythe. Le meilleur exemple pour illustrer ce terme est, selon moi, les produits de chez Apple.

Avez-vous déjà ouvert un produit Apple ? Que la réponse soit positive ou négative, il faut avoir en tête que cela est un moment très solennel. L’emballage est beau, épuré, vous ouvrez méticuleusement la boîte car, allez savoir pourquoi, vous voulez à tout prix la garder, et là vous vous trouvez face à votre MacBook, iPod, iPad, etc. Il est là, seul sans son emballage aux lignes simples qui veut que tout ce que vous voyez ça soit le produit. Ils ont bien pensé leur affaire non ?

Encore mieux pensé, les discours de présentation et de lancement de produits réalisés par Steeve Jobs. Le cofondateur et directeur général de l’entreprise californienne menait avec une assurance impressionnante les conférences ayant pour but de présenter les nouveaux produits. Seul sur la scène avec un discours bien huilé, Steeve Jobs avait l’art et la manière de vous démontrer par a + b que le dernier produit de son industrie avait tous les atouts que vous recherchiez. Avait-il raison ou tord, là n’est pas le débat. Ce qu’il faut retenir, c’est que par ces conférences nous pouvons encore noter un phénomène de réification. Par les discours de Steeve Jobs, les produits de la marque Apple relèvent du mythe et sont intentionnellement élevés à ce rang. On pourra dire tout ce qu’on veut, au niveau communicationnel c’est plutôt intelligent et efficace.

Recherche de statut social, de la reconnaissance ou encore du bonheur, il est peut être possible de dire que certains des consommateurs des produits Apple poursuivent en effet ces différentes quêtes. Parce que la communication et le marketing sont bien menés, parce que les produits sont de qualité, parce que l’individu retire une certaine satisfaction de posséder un produit Apple ; honnêtement la raison personnellement m’importe peu. Ce que je retiens, c’est que l’on accorde très certainement trop de suprématie aux produits de chez Apple, que la réification qui existe dans cette industrie est exagérée mais que, mine de rien, les conférences de Steeve Jobs restent le meilleur des exemple pour tout futur communiquant.


Scandal is the new normal

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« La vie professionnelle et personnelle d’une experte en relations publiques, Olivia Pope, particulièrement réputée pour sa gestion des crises, et de son staff, composé d’avocats débutants et confirmés, d’un expert en litige, d’un hacker et d’une détective. Fitzgerald Grant, le président des États-Unis, est un vieil ami d’Olivia qui demande son aide lorsqu’une de ses assistantes fait courir le bruit qu’ils couchent ensemble. Et ce n’est que le début d’un scandale bien plus grand aux répercussions désastreuses… »

Voici le pitch de cette série cataloguée dans les genres « drame » et « judiciaire », créée en 2012 par une certaine Shonda Rhimes, rendue célèbre notamment grâce à l’un de ses bébés : « Grey’s Anatomy ». Comme son nom l’indique, la série, qui en est actuellement à sa troisième saison, base son intrigue sur les esclandres politiques qui sévissent sur Washington, et en particulier au sein même de la Maison Blanche.

ScandalSon personnage clé, Olivia Pope (joué par Kerry Washington), brillante et talentueuse jeune femme, œuvre en communicatrice de génie pour résoudre les problèmes plus extravagants les uns que les autres que lui soumettent ses riches clients. A côté de cela, elle entretient une passion dévorante avec Fitzgerald Grant (campé par Tony Goldwin), le Président des États-Unis (rien que ça) dont elle a d’ailleurs contribué à l’élection, de façon plus ou moins honnête et légale…

En bref, entre scandales sexuels, relations publiques douteuses et manigances politiques, la série nous présente l’élite de la société sous son plus mauvais jour. De plus, la façon dont sont utilisés les médias pour dissimuler tous les « vilains petits secrets » des grands de ce monde conduit à de nombreuses interrogations… Il est d’ailleurs difficile de ne pas remarquer la ressemblance troublante qui subsiste entre les premiers épisodes de cette série et le film « Wag the Dog » (ou « Des hommes d’influence » en français).

affiche_Hommes_d_influence_1997_1L’histoire de ce dernier débute effectivement avec le comportement inapproprié du Président envers une jeune fille, qui menace d’éclater au grand jour à deux semaines à peine des élections. Le Bureau Ovale fait alors appel à une équipe de choc afin de dissimuler la vérité et détourner l’attention du public. Leur solution : créer une vraie fausse guerre en Albanie et faire passer le Président pour un véritable héros.

Nous ne pouvons donc pas le nier, les hommes politiques sont avant tout des êtres humains, ils ne sont pas parfaits et possèdent chacun leurs « petits » travers. Mais si l’intransigeance dont nous faisons preuve à leur égard peut engendrer des déformations de la vérité, la façon qu’ils ont de profiter de leur pouvoir et de leur influence pour la travestir à leur aise afin de couvrir la moindre de leurs erreurs est plus difficilement acceptable.

Nous pouvons finalement faire, à ce sujet, un parallèle avec la pensée de Debord concernant la « société du spectacle ». Comme il le dit si bien : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui est directement vécu s’est éloigné dans une représentation ». On a donc, au sein de nos sociétés modernes, une déréalisation de la vie politique, avec une manipulation exacerbée de l’information et du public, dans le but de dissimuler une vérité dérangeante…


Quand la télévision nous donne « l’illusion du choix ».

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Bien loin de la télévision française et de toutes les émissions qu’elle nous propose depuis maintenant plusieurs mois, j’ai dû me remettre à regarder les grilles de programmes il y a de cela quelques semaines pour un projet. Et quelle n’a pas été ma surprise quand nous avons évoqué il y a quelques jours en classe la notion d’illusion du choix d’être frappée par le fait que la télévision française applique ceci à tout va. Je m’explique…

Avec la télévision numérique (plus communément appelée TNT), on ne dispose pas moins de 39 chaînes ! Si vous êtes équipés du câble, on doit en compter plus d’une centaine. Mais pour la majorité, 39 chaînes avec des programmes du matin jusqu’au soir, en zappant d’une chaîne à l’autre, vous pouvez littéralement passer votre journée devant la télévision. Face à un tel panel, on pourrait se dire que le choix est vaste et qu’on peut regarder à notre guise des émission bien différentes les unes des autres. Laissez-moi rire et réfléchissons un peu.

Bien que possédant des titres, des présentateurs, des heures et chaînes de diffusion différents, n’avez vous pas le vague sentiment de toujours regarder la même chose ? Prenons un exemple que j’affectionne tout particulièrement pour avoir effectué de nombreux travaux dessus : la télé réalité. Dans le fond, c’est quoi ? On réunit des gens qui ont un soi-disant but ou objectif, on les met tous dans une jolie maison, on les filme et on tente de nous montrer ce qu’il se passe (tout en sachant qu’une journée de 24 heures est résumée en 30 minutes mais ça c’est encore une autre affaire). Qu’ils cachent des secrets, doivent survivre sur une île, devenir chanteur ; les faits restent les mêmes : on les filme et on diffuse.

Il en va de même pour toutes ces émissions qui se veulent révélatrices de talents : The Voice, la Nouvelle Star ; nous regardons ici continuellement des personnes qui viennent pour devenir célèbres et tenter de faire carrière. La chaîne est différente, le format et le concept diffèrent légèrement, la finalité est la même. Ce n’est peut être pas pour rien que les candidats recalés à The Voice se présentent à la Nouvelle Star ou inversement…

Une grande majorité des programmes que je qualifierai de divertissement relèvent de ce constat. Rajoutons à cela la concurrence qui plane au dessus de toute cette affaire, les différentes chaînes et sociétés de production ayant conscience de ces très grosses similitudes entre les programmes, jouant d’ailleurs sur ces similitudes, et cherchant à être le meilleur, celui qui fera le plus d’audience et donc rapportera le plus d’argent. Le spectateur importe peut être peu dans tout ça, l’important c’est le profit ; business is business.

Pour beaucoup de chaînes donc, nous nous retrouvons face à une grille de programmes qui se veut peuplée de copies. Une copie de l’émission de la chaîne concurrente ou encore d’une émission datant de quelques années auparavant.  A partir du moment où un concept marche, autant l’exploiter au maximum… Mais reste -t- il encore un choix là dedans ? Si ce n’est celui de choisir TF1 plutôt que M6…

Dans le fond, on devrait peut être réfléchir sur cette citation d’Alain Finkielkraut, écrivain français, quand on pense à la télévision : « Avec la télévision, il n’y a plus qu’un flux permanent, un ruissellement ininterrompu, tout coule et rien ne reste. L’œil ne contemple plus, il avale. «