Archives d’Auteur: Media

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns. » – Jacques Brel

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Québec, je t’ai espéré.

Je t’ai attendu.

Je t’ai aimé.

Tu vas tellement me manquer.

C’est le cœur un peu lourd, je dois l’avouer, que Média va quitter la blogosphère québécoise.

9 mois perdue dans le Grand Nord Blanc, et des souvenirs à n’en plus finir.

Je me souviendrai de la première fois où j’ai parlé à un québécois et que j’ai bien cru ne jamais réussir à comprendre, je me souviendrai de ma première journée à -20°C et de la première fois que j’ai vu mes cheveux geler (!) ; de la première poutine que j’ai mangée, de la route 117 (tout droit, toujours tout droit et… des sapins, des sapins, des sapins ! ), des activités made in Québec comme la pêche sur glace ou encore le chien de traineau, des centaines de kilomètres parcourus…

Je me souviendrai aussi des personnes que j’ai rencontrées, entre québécois, parisiens et lyonnais, de la « Team A7 », appelés aussi les « Amazing flatmates », qui m’auront accompagnés durant toute cette aventure.

Je retiendrai le Blitz de Cathy, les courts métrages pour Louis-Paul, les prototypes fonctionnels pour David,… Je me rappellerai des rush de fin de session qui vont de paire avec les nuits blanches. Je retiendrai tout ça, et plus encore.

Oui, cet article est complètement en marge par rapport à la vocation première de ce blogue. Mais il faut bien se dire au revoir quand même, non ? Même si je ne viendrai plus publier ici, je continuerai à pratiquer la désormais bien connue littératie médiatique, une autre de mes nombreuses découverte de cette année et je retourne reprendre mes études en communication avec dans mon bagage cette jolie parenthèse québécoise.

C’est ici que l’on se quitte.


A l’ère de la médiatisation.

Vous le savez, étudiante depuis plusieurs années en communication, je voue un intérêt tout particulier pour les médias dans leur ensemble et ce n’est pas la première fois que je me penche sur ce phénomène où la France n’est pas en reste : la médiatisation.

Terme bien que désormais passé dans le langage courant, son emploi n’est pourtant pas aisée. Au fond, que pouvons nous entendre par médiatisation ? Mise en scène de l’actualité pour émouvoir le spectateur ? Recherche de l’immédiat par les journalistes et les organes d’information en continue au détriment d’une véritable construction intellectuelle et encore plus au détriment de la médiation ? Comment la France qui se croyait à l’abri en est-elle arrivée là ?

Il faut noter que ce phénomène de médiatisation touche de manière inégale les différents supports. Il semble que cela touche en premier lieu la télévision avec les chaînes d’informations en continue qui vont vous bombarder d’informations à longueur de journée, avec un ton haletant, des titres qui se veulent percutants et une hiérarchisation des évènements qui laissent à désirer, et surtout un traitement de l’information uniquement en surface. Malheureusement, les chaines d’informations en continue ne sont pas les seules victimes de ce phénomènes, les journaux télévisés en général tirent de plus en plus vers ce procédé également. Certains s’entendent pour dire que les radios grand public font également partie des « victimes », de même que la presse écrite nationale.

Cette médiatisation qui semblait toucher uniquement les États Unis au premier abord a bien fini par toucher la France. Malgré l’équipement tardif de la population en télévision et un éloignement de la doctrine « la presse comme quatrième pouvoir » qui a fait surface au cours des années 70 sur le continent américain, nous aurions pu nous croire à l’abri. Il n’en est rien, nos médias français ont fini par adopter, bon gré mal gré, la standardisation de l’information ; partant tous à la quête d’un objectif commun : le profit, que cela soit par la vente ou par l’audience.

Sans diaboliser les médias et plus spécifiquement les médias français, il semble qu’une interrogation soit nécessaire quant à cette médiatisation en croissance. Quel crédit donner à l’information qui nous est transmise ? Quel(s) moyen(s) se donner pour essayer de passer au dessus du virus médiatisation ?

Un peu de littératie médiatique, peut être…


Quand la séduction par l’image n’a plus de limites.

Lors de son dernier post, ma chère T!C a évoqué avec brio l’éternelle recherche de la perfection et ses dérives à travers les retouches effectuées sur les photographies de magazines et autres campagnes de publicité. Et la semaine dernière, lors de notre cours de Théories de la Communication de Masse, nous sommes revenus sur l’idée que désormais, dans nos sociétés post-modernes, nous n’avions plus une identification par l’image mais une séduction par l’image. Et il me semble que c’est exactement de cela qu’il s’agit à travers les retouches effectuées par des logiciels tels que Photoshop.

Pourquoi nous présenter des mannequins toujours plus minces, avec toujours de plus grands yeux, de plus grandes bouches, des dents plus blanches, des seins plus gros ? Pour nous séduire, bien entendu. Nous n’allons pas nous mentir, Nathalie Portman sans sa peau incroyablement lisse et ses yeux immenses dans la campagne de publicité de Dior, on la trouverait beaucoup moins jolie et étrangement on serait moins tenté d’acheter le nouveau rouge à lèvres ou parfum. Vous pouvez appliquer ce raisonnement pour (malheureusement) presque toutes les campagnes de publicité. Et le pire est que ça fonctionne, on a envie d’acheter le produit qui nous est présenté. Enfin après, on va découvrir le prix et étrangement on a moins envie (enfin notre portefeuille a surtout moins envie), mais c’est une autre affaire.

On a beau nous révéler de plus en plus l’utilisation de logiciels de retouches et nous faire part de nombreux « Avant/Après », face à ces campagnes de publicité nous exposant des corps qui se veulent parfaits, nous sommes séduits. La publicité, la stratégie marketing est efficace. Mais le processus va encore plus loin, et c’est là dessus que T!C a très bien mis l’accent, se sont les dérives qui en découlent avec de plus en plus de jeunes filles qui tombent dans une recherche de la perfection à tout prix allant jusqu’à mettre leurs vies en danger à travers, le plus souvent, de sévères troubles alimentaires afin d’être la plus mince possible. Et c’est là que le processus d’identification par l’image reste d’actualité. Bien que se trouvant désormais au second plan, beaucoup des personnes admirant ces campagnes cherchent à s’identifier, à ressembler à ce qu’elles ont sous leurs yeux. Ce qu’on a tendance à un peu vite oublier, c’est que Nathalie Portman, Marion Cotillard, ou qui sais-je encore, le matin au réveil, elles sont comme vous et moi. Et même une fois maquillée et apprêtée, elles ne sont pas encore « toute parfaite » comme on peut les voir sur ces immenses campagnes de publicité. Photoshop et ses confrères du domaine ne sont pas encore devenus un produit cosmétique !

En lien avec tout cette idée et le dernier article de T!C j’ai retrouvé cette vidéo réalisée par la marque Dove en 2006 et qui à l’époque m’avait stupéfaite. On nous présentait déjà les « petits miracles », ou devrais-je dire les « grosses dérives », de la retouche.

Et face à tout ça, je repense à quand j’étais petite fille et que je trouvais la célèbre poupée Barbie magnifique, toute mince, des grands yeux, des jambes interminables ; parfaite pour l’enfant que j’étais. Et que, plus tard, j’ai appris qu’à échelle humaine, Barbie a des proportions telles qu’elle ne pourrait même pas se tenir debout… Comme quoi, encore pire que les retouches photos, on met dans les mains des enfants des poupées qui présentent déjà une image falsifiée de la réalité. J’ai à ce sujet trouvé cet article qui expose la démarche effectuée par un artiste de créer une Barbie aux mensurations réelles. Un premier pas pour les petites filles vers un retour à la normale et une beauté du réelle, et non plus du paraître ?

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The First Kiss : du buzz à la révélation de la mascarade.

Après pas loin de 45 millions de visionnements en trois jours, le clip réalisé par Tatia Pilieva a été l’objet de surprise, d’amusement mais aussi de partage sur les réseaux sociaux pour finalement se révéler être une publicité pour la marque de prêt à porter Wren. Retour sur l’histoire d’un buzz.

Le concept de The Fisrt Kiss est simple : plusieurs couples de soit disant inconnus qui se révèlent être en fait des acteurs, mannequins ou encore musiciens connus, se forment devant la caméra et s’embrassent pour la première fois. Au premier abord, cela semble être un beau projet artistique dont peut se dégager bon nombre d’émotions. Mais rangez tout de suite votre air attendri, tout ceci est parfaitement orchestré par une réalisatrice russe, Tatia Pilieva, pour le compte de la marque américaine Wren.

Ce clip se révèle être en fait promotionnel (bien que la marque affirme le contraire) et présente la nouvelle collection de la marque en la faisant porter aux protagonistes de son clip. On peut dire que cette manière de procéder se veut plus originale qu’une simple conférence de presse, et l’étudiante en communication que je suis trouve l’idée plutôt sympathique, je l’avoue.

Une question reste néanmoins au bout de nos lèvres : les acteurs, musiciens et mannequins qui s’embrassent dans la vidéo sont-ils réellement dans l’embarras ou bien la mise en scène est-elle complète ? Selon Tatia Pilieva, les participants à la vidéo n’étaient pas au courant qu’un baiser devait être échangé. Les moments se veulent donc authentiques selon la réalisatrice.

Une ombre reste encore autour de The First Kiss : la vidéo était-elle ou non à but lucratif ? Certains participants de la vidéo déclarent qu’ils portent leurs propres vêtements dans le clip et non pas ceux de la marque Wren ; deux discours complètement contradictoires quant à l’objectif de cette vidéo, et , personnellement, j’ai du mal à croire qu’il n’y ait aucune ambition promotionnelle derrière tout cela. Soyons honnête, on ne va pas sortir un budget considérable pour réaliser une vidéo/publicité sans attendre que celle ci ait un impact sur les ventes ? Voyons… Il ne faut pas rêver. Faire une belle vidéo pour le plaisir de faire une belle vidéo ne me paraît pas être la politique de la maison. Après, bien sûr, je peux me tromper.

En quelques semaines, The First Kiss a été l’objet de nombreuses parodies sur Youtube. Un autre facteur qui accentue le buzz autour de ce phénomène.

Il semble assez évident que l’objectif a été rempli pour Wren : la vidéo a fait un buzz considérable avec à l’heure actuelle pas loin de 64 millions de vues et une diffusion à grande échelle sur les réseaux sociaux. Malgré le manque de clarté sur les intentions de la marque, gardons le sourire et amusons nous de la gêne presque touchante des protagonistes, et rions de nous même en pensant aux premières fois où on embrasse quelqu’un.


L’Odyssée d’une maison de luxe.

Nommée « publicité de l’année 2012 », le film de trois minutes et demie diffusé pour la première fois sur les écrans français le 4 mars 2012 et signé Cartier porte bien son nom d’Odyssée. Faisons le point.

Cartier, joaillier le plus connu au monde et numéro deux mondial du luxe n’a plus besoin de se faire une réputation mais ne veut pas pour autant se reposer sur ses acquis et à l’ambition d’aller toujours plus loin. Avec l’Odyssée de Cartier, c’est le mythe de cette grande maison qui est réaffirmé avec force. Son histoire, sa créativité, son élégance, son raffinement, ses inspirations, sa dimension artistique et universelle ; c’est de tout ces aspects dont il est question dans ce film-publicité.

Se voulant comme une allégorie de l’histoire de Cartier, l’Odyssée a comme égérie une panthère, qui est l’icône du joaillier depuis 1904. Différents produits phares de la maison sont présentés de façon élégante tout au long des trois minutes et demie, puisque le choix a été fait de présentés ces produits de manière subliminale.

Dépourvu de tout slogan, l’Odyssée multiplie également les références à l’histoire de Cartier, nous faisant parcourir le monde entier pour finalement revenir Place Vendôme à Paris, lieu où se trouve la boutique phare aujourd’hui.

Deux ans de travail et un budget de 4 millions d’euros ont été nécessaire pour réaliser ce court-métrage ce qui a représenté une part de 5 à 10% du budget de communication de la maison.

Une campagne de publicité qui se veut à la hauteur de la réputation de l’un des plus grand joaillier du monde et qui crée avec intelligence un certain désir pour le téléspectateur visionnant l’Odyssée. J’aurai, très certainement, l’occasion de parler plus en détail de l’Odyssée de Cartier, de la communication du luxe en général et du désir dans mon travail de fin de session. En attendant, ouvrez grand vos yeux, et embarquez dans l’Odyssée de Cartier.


Apple, ou quand l’objet devient mythe.

Nous avons évoqué il y a de cela quelques semaines en cours la notion de réification dans les sociétés industrialisées. Ce thème repose sur l’idée de prendre un objet et de l’élever au niveau de mythe. Le meilleur exemple pour illustrer ce terme est, selon moi, les produits de chez Apple.

Avez-vous déjà ouvert un produit Apple ? Que la réponse soit positive ou négative, il faut avoir en tête que cela est un moment très solennel. L’emballage est beau, épuré, vous ouvrez méticuleusement la boîte car, allez savoir pourquoi, vous voulez à tout prix la garder, et là vous vous trouvez face à votre MacBook, iPod, iPad, etc. Il est là, seul sans son emballage aux lignes simples qui veut que tout ce que vous voyez ça soit le produit. Ils ont bien pensé leur affaire non ?

Encore mieux pensé, les discours de présentation et de lancement de produits réalisés par Steeve Jobs. Le cofondateur et directeur général de l’entreprise californienne menait avec une assurance impressionnante les conférences ayant pour but de présenter les nouveaux produits. Seul sur la scène avec un discours bien huilé, Steeve Jobs avait l’art et la manière de vous démontrer par a + b que le dernier produit de son industrie avait tous les atouts que vous recherchiez. Avait-il raison ou tord, là n’est pas le débat. Ce qu’il faut retenir, c’est que par ces conférences nous pouvons encore noter un phénomène de réification. Par les discours de Steeve Jobs, les produits de la marque Apple relèvent du mythe et sont intentionnellement élevés à ce rang. On pourra dire tout ce qu’on veut, au niveau communicationnel c’est plutôt intelligent et efficace.

Recherche de statut social, de la reconnaissance ou encore du bonheur, il est peut être possible de dire que certains des consommateurs des produits Apple poursuivent en effet ces différentes quêtes. Parce que la communication et le marketing sont bien menés, parce que les produits sont de qualité, parce que l’individu retire une certaine satisfaction de posséder un produit Apple ; honnêtement la raison personnellement m’importe peu. Ce que je retiens, c’est que l’on accorde très certainement trop de suprématie aux produits de chez Apple, que la réification qui existe dans cette industrie est exagérée mais que, mine de rien, les conférences de Steeve Jobs restent le meilleur des exemple pour tout futur communiquant.


Big Brother dans votre poche ou votre bureau.

La semaine dernière l’Architect nous a soumis un article au titre plutôt évocateur : « Big Brother, quand 1984 n’est plus qu’un livre ! » Son contenu ? Le côté de plus en plus intrusif des nouvelles technologies et la surveillance par ces dernières qui se veut grandissante. L’Architect nous a donné une excellente aperçue de ce phénomène à travers différents exemples.

Bien que la surveillance et le côté intrusif qui se veut particulièrement présent inquiète la majorité de la population, ceci ne fait-il pas partie du jeu ? Je veux dire par là que avancée technologie et intrusion ou encore omniprésence ne sont-ils pas intiment liés ? Si vous y réfléchissez bien, combien de fois par jour consultez-vous votre téléphone, ou encore votre ordinateur ? Combien de minutes ou encore d’heures passez vous durant votre journée avec ces technologies ? Ils sont devenus presque partie intégrante de notre identité, et il faut le reconnaître, le meilleur moyen pour nous suivre. Et d’une certaine manière nous le voulons bien ! Pensez à Facebook, vous pouvez gérer votre paramètres de géolocalisations par exemple, il n’y a aucune obligation quant au fait que tout le monde sache que vous vous trouvez à l’instant T à Rouyn-Noranda !

Après, pour en revenir aux propos évoqués par l’Architect, il faut reconnaître que dans certains domaines il semblerait qu’il n’y ait plus de limites. Vous insultez votre Xbox et vous recevez un avertissement voir vous êtes exclu temporairement, sérieusement ? Et si je me mets à insulter mon ordinateur quand Illustrator plante, il va m’interdire de m’en servir pendant plusieurs jours ? Nous ne sommes plus face à des machines mais à des sortes d’humains technologiques.

Revenons à des propos plus sérieux. La surveillance à travers tout ces petits bijoux de la technologie se veut grandissante, nous sommes d’accord, mais n’est-il pas de notre devoir de s’en protéger aussi un tant soit peu et de prendre garde aux informations que nous transmettons. Bien entendu, nous ne pouvons pas tout contrôler mais il existe des actions simples afin de « limiter les dégâts ». En plus de cela, de plus en plus d’entreprises se lancent dans la création d’outils pour contrer ce phénomène d’intrusion, peut-être devrions nous nous pencher sur la question.

Bien que devenus quasi indispensables, tout ces outils qui nous sont familiers sont de plus en plus regardés d’un mauvais œil.

Alors, smartphones, réseaux sociaux, services de commandes en ligne, amis ou ennemis ?