Scandal is the new normal

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« La vie professionnelle et personnelle d’une experte en relations publiques, Olivia Pope, particulièrement réputée pour sa gestion des crises, et de son staff, composé d’avocats débutants et confirmés, d’un expert en litige, d’un hacker et d’une détective. Fitzgerald Grant, le président des États-Unis, est un vieil ami d’Olivia qui demande son aide lorsqu’une de ses assistantes fait courir le bruit qu’ils couchent ensemble. Et ce n’est que le début d’un scandale bien plus grand aux répercussions désastreuses… »

Voici le pitch de cette série cataloguée dans les genres « drame » et « judiciaire », créée en 2012 par une certaine Shonda Rhimes, rendue célèbre notamment grâce à l’un de ses bébés : « Grey’s Anatomy ». Comme son nom l’indique, la série, qui en est actuellement à sa troisième saison, base son intrigue sur les esclandres politiques qui sévissent sur Washington, et en particulier au sein même de la Maison Blanche.

ScandalSon personnage clé, Olivia Pope (joué par Kerry Washington), brillante et talentueuse jeune femme, œuvre en communicatrice de génie pour résoudre les problèmes plus extravagants les uns que les autres que lui soumettent ses riches clients. A côté de cela, elle entretient une passion dévorante avec Fitzgerald Grant (campé par Tony Goldwin), le Président des États-Unis (rien que ça) dont elle a d’ailleurs contribué à l’élection, de façon plus ou moins honnête et légale…

En bref, entre scandales sexuels, relations publiques douteuses et manigances politiques, la série nous présente l’élite de la société sous son plus mauvais jour. De plus, la façon dont sont utilisés les médias pour dissimuler tous les « vilains petits secrets » des grands de ce monde conduit à de nombreuses interrogations… Il est d’ailleurs difficile de ne pas remarquer la ressemblance troublante qui subsiste entre les premiers épisodes de cette série et le film « Wag the Dog » (ou « Des hommes d’influence » en français).

affiche_Hommes_d_influence_1997_1L’histoire de ce dernier débute effectivement avec le comportement inapproprié du Président envers une jeune fille, qui menace d’éclater au grand jour à deux semaines à peine des élections. Le Bureau Ovale fait alors appel à une équipe de choc afin de dissimuler la vérité et détourner l’attention du public. Leur solution : créer une vraie fausse guerre en Albanie et faire passer le Président pour un véritable héros.

Nous ne pouvons donc pas le nier, les hommes politiques sont avant tout des êtres humains, ils ne sont pas parfaits et possèdent chacun leurs « petits » travers. Mais si l’intransigeance dont nous faisons preuve à leur égard peut engendrer des déformations de la vérité, la façon qu’ils ont de profiter de leur pouvoir et de leur influence pour la travestir à leur aise afin de couvrir la moindre de leurs erreurs est plus difficilement acceptable.

Nous pouvons finalement faire, à ce sujet, un parallèle avec la pensée de Debord concernant la « société du spectacle ». Comme il le dit si bien : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui est directement vécu s’est éloigné dans une représentation ». On a donc, au sein de nos sociétés modernes, une déréalisation de la vie politique, avec une manipulation exacerbée de l’information et du public, dans le but de dissimuler une vérité dérangeante…

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